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Interview Doudou Swing
- Guitarist Acoustic

>>> Ils n'ont pas aimé...
Revue du Hot Club de France – N°543
JUIN 2005



EXTRAITS PRESSE
Jazz Hot - avril 2005
Celui qu’on connaît pour avoir longtemps (et il continue) assuré la tâche difficile de "pompe" au sein de formations de swing manouche de premier plan de Patrick Saussois, Rodolphe Raffalli, Angelo Debarre, Romane, Bireli Lagrène, Babik Reinhardt, Christophe Lartilleux ou Florin Niculescu, se lance dans la chanson.
Sa voix s’y prête bien. Cet album est un essai qui part un peu dans toutes les directions, comme si Doudou Cuillerier cherchait sa voie et son style. Deux airs sont tirés du Livre de la Jungle de Disney (Aie confiance, Etre un homme comme vous), un autre (Boum Dam Amsterdam) doit ses paroles enfantines à Max Jacob (musique réussie de Kamlo Barré). Un autre (Le chemin des forains) est une reprise de Jean Dréjac et Sauguet.
Les autres dont les musiques sont signées Doudou Cuillerier ont fait appel à des paroliers, avec des réussites diverses. Certaines sont vraiment dans ce qui lui convient, "Una caña por favor, Latcho raben, Métamorphose", d’autres passent à coté, les sérieuses"La tempête".
L’accompagnement, avec Victorine Martin à la "pompe" est remarquable et nettement plus aérien que celui de ceux qui, comme Sanseverino dans le même créneau, passent à la radio.
Alors, Doudou bientôt vedette ? Allez savoir.

Michel Bedin

Jazz Classique Avril 2005 - Brèves rencontres :

Quelques CD qui sortent partiellement de l'esthétique de Jazz Classique mais peuvent présenter un réel intérêt pour beaucoup de ses lecteurs. Nos cerises ne distinguent jamais ces disques, quelles que soient leurs valeurs artistiques.
Doudou Cuillerier est connu de tous les amateurs de guitare manouche. On l'a entendu faire la pompe (et comment !) avec les meilleurs. C'est aussi un bon soliste... et un bon chanteur, pas seulement un musicien qui chante mais un vrai chanteur avec une voix riche de possibilités et beaucoup de talent. "Doudou Swing" n'est pas un
disque de jazz. Encore qu'en écoutant Una cana por favor, Boule de billard, Latcho raben, Etre un homme comme vous (etc.), l'amateur de jazz manouche retrouvera ses repères. Mais c'est un beau disque de chansons avec des textes qui nous changent des niaiseries ambiantes, des chansons qui donnent envie de voyager, de manger du hérisson (etc.), des chansons poétiques, drôles... et parfois swingantes.
Guy Chauvier


Vintage guitar sept. 2005
Philippe "Doudou" Cuillerier's namesake band "Doudou Swing" makes it long-awaited debut with "Doudou a feu doux" Iiris music/Harmonia Mundi). One of the top rythm men of gypsy jazz, Doudou now steps out front. The mood is pure Django, but the songs and sense of fu is classic Doudou. Good stuff.
Michael Dregni


Doudou Swing " Doudou à feu doux "
Dans le milieu, on ne présente plus Doudou, omniprésent sur le front du swing manouche depuis une quinzaine d'années, comme guitariste bien sûr, accompagnateur recherché (Fernando jazz gang puis collaboration tous azimuts avec la fine fleur des cordes manouches : Romane, Angélo, Rodolphe Raffali, Christophe Lartilleux, Patrick Saussois…j'en passe et des meilleurs !) mais aussi comme pédagogue (stages, master class) et comme journaliste, défenseur de la cause (French Guitar, l'Echo des Cuillères …).
Le voilà à la tête d'un trio de swing vocal qui a du métier (Victorine Martin, guitare et Antonio Licusati, collaborateur de longue date à la contrebasse, renforcés sur 3 titres par l'accordéon d'Emy Dragoï et sur deux par la steel-guitare d'André Venturini, lui permettant d'étaler au grand jour ses talents de chanteur (on l'avait entendu ici ou là interpréter quelques chansons en romanes ou scatter comme un fou) et de compositeur (9 chansons originales sur 14 morceaux, dont il a composé toutes les ziques et signé ou cosigné la plupart des textes).
Sur fonds de musique reinhardtienne et de culture gitano-musette parisienne (swing irréprochable et drive d'enfer, jolis contre-chants et chorus à la guitare), pointe un crooner avec des accents à la Michel Legrand (cf A tout prix ou Métamorphose sur un texte inspiré de Fred Loizeau en hommage à Nougaro ). Les textes sont frais, humoristiques (cf Vive les rondes) voire loufoques et Doudou les fait swinguer avec légèreté et un plaisir communicatif ; notre homme, qui chante juste et bien, court dans la catégorie sentimentalo-dékonneur et y en a pas des masses mon cousin ! Digne héritier de Vian-Salvador avec un esprit pré-rock'n roll (jumpin' and jivin') très BD (cf Latcho Raben), Doudou a le sens du riff et le goût de la mélodie, un ton frais personnel.
Ajoutez à cela quelques reprises judicieuses : Dui Dui, la belle chanson de Schnuckenack Reinhardt interprétée avec conviction en romanes (beau chorus d'Emy Dragoï), Le chemin des forains chanson de Jean Dréjac, dont Alma Sinti nous avait donné récemment une version instrumentale, ou Etre un homme comme vous, adaptation très réussie du I wanna be like you, utilisé par Disney pour Le livre de la jungle.
Le disque se termine par Pâle temps, véritable carte de visite de ce Doudou swing, qui entre jazz à cordes et chanson swing se démarque par son dynamisme et son originalité. Latcho drom les jeunes !

Chronique de Francis Couvreux
(Etudes tsiganes, Trad Mad)


Chorus Magazine N°52 - été 2005
Un énième groupe inspiré par Django Reinhardt et sa culture, mais Philippe "Doudou" Cuillerier était plus que légitime pour fonder ce trio à cordes : Il est connu comme guitariste accompagnateur des grandes pointures du jazz manouche (Bireli Lagrène, Babik Reinhardt, etc). Doudou Swing se lance donc dans la chanson en signant quatre titres et en faisant appel à plusieurs auteurs. Il livre un opus un peu bariolé, qui vagabonde entre hommages aux gitans collant bien à son univers (Romalen, ou le chemin des forains de Jean Dréjac), textes humoristiques plus anecdotiques, reprises inatendues (deux chansons de la B.O du Livre de la jungle). Mais Doudou et ses camarades gardent des atouts en or : Un swing léger et un jeu de guitare vif.

Premier album pour Doudou Swing...
il était temps ! Notre Doudou Cuillerier, fringant quadra, a enfin réussi à échapper à son job de guitariste rythmique de jazz manouche, pour nous offrir un voyage (un trip ?) dans son pays imaginaire.
Chansons tendres, réflexions profondes pour un monde meilleur, swings rigolos, scats enjoués, recettes de cuisine improbables, chapiteau démontable, on trouve tout ça dans ce premier opus.
Entouré de Victorine Martin à la guitare, d’Antonio Licusati à la contrebasse et de quelques invités, Doudou se laisse aller à des confidences, sa voix pure et limpide est à mettre entre toutes les oreilles, que ce soit sur "Boule de billard", superbe profession de foi, "La tempête" et son tempo tordu, "Métamorphose", un hommage à Nougaro avec un texte de Fred Loizeau, Doudou y est impérial en "Chet Baker français".
On n'oublie pas la gaudriole, le fendage de gueule avec "Latcho raben", "Una Caña por favor" ou encore le medley Walt Disney "Aie confiance" / "Etre un homme comme vous", scies inusables que Doudou joue sur scène depuis une vingtaine d'années, rien que ça... On pourrait croire que reprendre du Piaf, c’est suicidaire (rappelez-vous Etienne Daho et son "Mon manège à moi"...) mais Doudou a su éviter ce piège en orchestrant ce "Chemin des forains" à sa manière, tout en dévotion et retenue, très belle reprise, vraiment. Doudou chante superbement, sa diction est devenue parfaite, à l'instar de ce "Douï, Douï" (chanté en tsigane) un rien nostalgique où brille l'accordéon d’Emy Dragoï.

Cet album, supervisé par Romane, est réussi, il est vrai qu’un chanteur de jazz avec une formation swing à cordes, c'est plutôt rare et pour ceux qui feront une comparaison avec Sanseverino (une vraie bénédiction dans la chanson française), ils devront admettre que Doudou Swing impose un discours très différent de celui de notre Sansev’ national, ici on est ancré dans le jazz et une poésie un rien naïve (en rapport aux canons actuels, bien sûr).
"A feu doux", c’est vrai que Doudou a pris sont temps, ici rien n'est forcé, de belles mélodies, travaillées au cordeau, se suivent logiquement mais sans se ressembler, c’est presque un album-concept, le "Sergent Pepper" de notre chauve souriant ? C'est aussi l'album réfléchi d'un artiste mûr, sûr de son art, on n'oublie pas l'emballage pour autant et c'est très fleuri...
Maurice Skusziack


La Cave du Jazz -
nov. 2004
- La salle de la Cave du Jazz, à Lorrez, s’était dotée de son nouveau système d’éclairage, destiné à apporter un bon contraste scénique. Il restait à accueillir les musiciens. On les attendait sous la forme d’un trio avec, autour de Philippe “Doudou” Cuillerier, au chant et à la guitare, la rythmique formée par la jeune guitariste Victorine Martin et le contrebassiste Antonio Licusati ; mais ils vinrent à cinq, le trio de “gadjé” s’adjoignant les talents du tsigane roumain Emy Dragoï, à l’accordéon, ainsi que celui du “rocker” italien André Venturini, à la steel-guitare.
Une formation in fine éclectique, mais en parfaite harmonie, qui fit merveille devant un public particulièrement nombreux…
Il est vrai que le programme était une promesse de grand voyage, sur les chemins poussiéreux et hasardeux des roulottes manouches, balayés par les vents de l’aventure.
Il le fut, au travers de l’humour tantôt décapant ou tantôt tendre de Doudou, aussi à l’aise dans le chant que dans le “scat”, de la brillance de jeu d’Emy et des finesses “hawaïennes” d’André, du tempo fidèle de Victorine et d’Antonio…

Ainsi les anecdotes ou les confidences servirent-elles de support à nombres d’évocations, accompagnées d’un swing porteur de drôlerie ou de gravité, de contestation ou de nostalgie, mais aussi de musette, invitation à la danse, de préférence après un savoureux repas à base de “niglo” (hérisson) bouilli (Latcho Raben !)…
De grandes rencontres émaillèrent le trajet, d’Higelin (avec un bel hommage à Django) à Nougaro, d’André Minvielle à Max Jacob, des textes préparés à la sauce “Doudou”, donc teintés de sa verve et de sa facture très personnelle, avec ce charme auquel il serait bien difficile de se soustraire.
Il reste à attendre la sortie prochaine du premier CD du groupe, et répondant au titre “À feu doux”.
Un régal en perspective.
"Le billet de Clarisse"


Guitarist Acoustic No4
Avec sa guitare manouche, ses textes en français et l'accordéon-guinguette en accompagnement, Philippe "Doudou" Cuillerier représente bien la nouvelle génération influencée directement par Django. Il a d'ailleurs beaucoup d'humour dans "Boule de billard" dont le thème est : dois-je ou non me laisser pousser la moustache à la Django ? Il y a aussi l'odyssée de "Una cana por favor", un gig en Espagne qui tourne à la débâcle, un classique dans le métier.
La section rythmique du contrebassiste Antonio Licusati et de la guitariste Victorine Martin est efficace dans "Latcho Raben", et les invités, Emy Dragoï à l'accordéon et le superbe joueur de lap-steel qu'est André Venturini, illuminent "Être un homme", l'adaptation de "I wanna be like you" de Louis Prima dans le dessin animé "Le livre de la jungle".
Les autres chansons de cet album font penser à Ray Ventura et ses collégiens aussi bien qu'au swing plus moderne de Dany Brillant, avec une touche originale et personnelle.
Romain Decoret