À TOUT PRIX
(Philippe Cuillerier)

J’ai loupé mon train, et, dans ce jardin
Où j’attends sans rien faire de mes deux mains
Sur le banc, tendrement, je t’écris ces deux petits mots là
Le soleil va descendre, le temps ne peut rien contre moi
Même si je dois vendre ma guitare pour être avec toi
J’veux à tout prix être à la hauteur pour chavirer ton cœur
Bouleversé, chamboulé
Le monde entier s’écroule juste à mes pieds
Ce maudit taxi, et puis la java de cette nuit
Perché sur la branche l’oiseau improvise pour moi
Sa chanson du dimanche, ce soir tu seras dans mes bras
J’veux à tout prix être à la hauteur pour chavirer ton coeur


BOULE DE BILLARD
(Paroles Pierre Grézil, musique Philippe Cuillerier)

refrain :
T’as plus d’poil, t’es au poil
En avoir ou pas, c’est l’obsession de nos générations
T’as plus d’poil, t’es au poil
En avoir ou pas, c’est l’obsession de nos générations (mais)
-1/Grâce à mon aérodrome à mouche je fais mouche
Sur mon crâne lisse et astiqué
Viennent se poser de chauds baisers
L’âge de la pierre polie est venu
La ponce et Mathilde sont revenus
L’invasion des rasés beaux et brut de lustrage
Lâchés en horde sauvage sur les Champs Elysées
Ne nous fera pas oublier les costards rayés
De nos grands-pères déportés

refrain
-2/ Le vent souffle sur la plaine j’ai pas la haine
Le soleil fait briller ma tête
Attire la fête et les grisettes
Ma tronche de moine n’est pas une tranch’ de cake
Elle fait toujours sourire bœufs et pivoines
Et fait l’admiration de mon évêque, mieux que sa tonsure
Ma tête glabre attire...
Elle attire comme un aimant les mains douces et pures qui savent
Reconnaître les vrais amants


LATCHO RABEN
(Philippe Cuillerier)

-1/Pour deux à trois personnes, un hérisson bien gras
Dépecez-le, videz-le là, n’vous coupez pas et vous aurez
Le nec plus ultra
Cinq cent grammes de pomm’de terres, trois ou quatre beaux oignons
Deux belles tranches de lard fumé sans oublier un bon verr’ de
Bon verr’ de vin blanc, dans une cocott’ en fonte
Un’ ou deux bonn’ cuillerées de graiss’ de porc…. argumentation)
Et là !...

refrain :
Latcho raben, latcho raben
C’est du bon manger pour toi mon frère,
Latcho raben, latcho raben
Au chaud dans la caravane, un coup d’Mol et on est bien !
-2/Bien faire dans une poêle, rev’nir les morceaux d’niglo
Découpés en quartier comm’ un lapin, un’fois qu’ils seront légèr’ment colorés
Les rajouter dans la cocotte, sans omettre les patates
Que vous aurez soigneus’ment découpées en dés assez grossiers
Poivrez puis salez, rajoutez l’vin blanc, recouvrir
Laissez mijoter à petit feu une vingtaine de minutes… (argumentation)
Et là !...

refrain
PS : surtout pas d’huile d’olive !

MÉTAMORPHOSE
(Paroles Frédéric Loizeau, musique Philippe Cuillerier)

-1/Quand tout part de bric et de broc, que mes chansons sonnent trop toc
Ta ville prose pousse ses briques jusqu’au fond de mon esthétique
-2/Au cœur de la rime plastique je me sens la phrase élastique
Le coq aime toujours la pendule, mais son tic nerveux me bouscule

refrain :
J’ai l’accent qui repousse et mes mots se rebroussent
Les notes sortent partout, je deviens Nougarou
-3/Le coq était trop cocardier et voilà qu’il chante en anglais
Quatre boules de cuir ont pris l’air pour revenir dans la lumière

refrain
-4/ Si je boxe à mots nus le trac de tutoyer un vrai monarque
C’est par admiration mystique pour le chanteur d’oc et d’épique

refrain

AY ROMALEN
(Philippe Cuillerier)

Les gens t’appellent romanichel
Ta liberté n’est qu’une cage
Et si ta vie n’est pas si belle
C’est que tu cherches ton message
L’esprit s’envole sur la campagne
La nature c’est bien ta maison
Déraciné de tes montagnes
Dans la ville y’a la pollution (solution)
Ay Romalen, ay tchavalen
Vas-y mon frère, poursuis ton rêve
Et s’il le faut jusqu’à la mort
Bats-toi jusqu’à la grande trêve
Pardonne aux gadjé, sans remords


UNA CAÑA POR FAVOR
(Paroles Daniel Martin, musique Philippe Cuillerier)

-1/Cette tournée, c’était michto, le paradis, la vie d’château
Pour nous c’était le mat d’cocagne, aller faire un bœuf en Espagne
Premier concert, grosse impression, vas-y pépère, fous la pression
Ils étaient tous au premier rang, j’te serre, j’te pousse comme des harengs
-2/ Mais le vent a très mal tourné, on l’a compris en fin d’soirée
Tu te croyais chez toi coco, mais c’est pas swing c’est flamenco
Dans le pays de Don Quichotte, si tu veux rester dans la note
Ne fais surtout pas de musett’ quand tu entends les castagnettes

refrain :
Le soleil est vraiment trop fort, una caña por favor
Puerta del Sol, Plaza Mayor, una caña por favor
-3/ Pour faire danser les andalouses, jamais de swing, jamais de blues
Si tu te frottes à un taureau, à la rigueur un boléro
On s’est r’trouvés dans la sierra, fini l’matos, rapé l’barda
là c’est foutu les gars j’insiste on a perdu l’contrebassiste

refrain
-4/ Moralité de cette histoire, avant d’signer, j’demande à voir
Qu’on m’file avant un plan béton, si c’est du flan bonjour tonton
LA TEMPÊTE
(Paroles Bruno Colleau/Philippe Cuillerier, musique Philippe Cuillerier)

-1/J’n’avais jamais rien vu d’aussi fou
Niché dans mon trou à me tordre le cou
Je croyais devenir coucou, parole de hibou, parole de hibou
Les branches s’inclinent, implorant
Sous les assauts d’un souffle terrassant
L’arbre dominant devient impuissant, et la grande ville se recroqueville

refrain :
Si j’avais imaginé, si j’avais réalisé, durant tout’ ces années passées
A contempler l’arbre pousser, qu’il pouvait un jour tomber, un jour se déraciner
Si j’avais imaginé, si j’avais réalisé durant tout’ ces années passées
Que grâce à nous la nature est un vrai bouillon d’culture
Dans les doigts ça peut nous… claquer !
-2/De sifflement en vrombissement
Chaque rafale m’aide à comprendre
Filent les nuages droit devant, aussi vite que le vent, souvent innocent
Au grand émoi de notre progéniture
Que l’on calfeutre sous les toitures
Le vent est nature, le vent est nature, et nous sommes ses enfants

refrain
-3
/Après cette immense douche glacée
Nos esprits se sont calmés, apaisés
La ville a retrouvé de l’humanité, unie autour d’une même idée
Pour que l’on retrouve la tranquillité
Il a bien fallu se (re)-souder
Les gens se sont rassemblés un matin ensoleillé, à s’entraider, se parler

refrain


* énumération des catastrophes naturelles :
tornade, éboulement,
raz-de-marée, grêle, cataclysme, pollution, séismes, éruption, effet de serre, radiation, ouragan, épidémie, typhon,
déluge, avalanche…

VIVE LES RONDES
(Paroles Pierre Grézil, musique Philippe Cuillerier)

-1/La maille ronde des jolis cœurs
Tisse sa toile de visages ronds et doux
Je plonge dans l’océan des rondeurs, je plonge…
Renoir nous a fait les contours
Du charnel attachement aux pulpeuses femmes
Et leurs puissants atours, aux femmes…

refrain :
Si tout’s les rondes du monde voulaient s’donner la main
Ell’s feraient la plus jolie ronde des rondes
Autour du monde, autour du monde
Et cette ronde est pour demain
-2/ Nom de Dieu dans ce monde d’images
Commerçantes et inaccessibles
Garçon, regarde la boulotte sans péage, garçon…
J’ai vu l’autre face du monde
Deux belles fesses charnues et girondes
Que des juments d’Brassens se trompent, que des juments…


refrain
-3/Vous les filles, cessez de vous morfondre
Pour des kilos en trop qui vous encombrent
Pensez aux copains, qui n’ont jamais rien dans les mains


PÂLE TEMPS
(Philippe Cuillerier)

-1/Pâle temps dehors, pas l’temps d’abord
Le tempo à la bourre, j’aurai pas l’temps de faire tout c’que j’dois faire
Mais y’a encore des choses à faire et s’il ne plait pas au temps de parfaire
Le r’tard qui s’accumule dans mes affaires... c’est l’enfer
-2/ Pâle temps dehors, pas l’temps d’abord
Dans l’dur, mon cerveau brûle, mon cœur est pur
Mais la pendule à tout casser dont la mécanique se bouscule
Me rappelle que l’heure est déjà passée... faut s’presser

pont :
Si j’pouvais m’évader à la cambrousse
Rien faire et n’avoir plus personne à mes trousses
Il est trop tard on peut jamais r’tourner
A l’endroit où l’on avait commencé
Stop la pensée mon gars, t’as un cardan qu’est pété
Tu l’as voulu tu l’as eu, si t’as signé c’est pour en chier
Maint’nant qu’c’est là faut y aller...
Traîne pas des pieds
-3/Pâle temps dehors, pas l’temps d’abord
Crevé, speedé, la cervelle écartelée par mille pensées
J’ai les tableaux d’horaires en horreur, mon agenda me fait la gueule
Y’a des embouteillages dans l’métro...
Allez chrono
4/Pâle temps dehors, pas l’temps d’abord
J’ai la vaisselle qui m’appelle, un sanglier dans la poubelle
Les spaghetti sont pas finis, toujours pas débouché l’évier
Toujours pas réparé l’essieu, c’est sérieux… plus l’temps d’pisser


* élucubrations :
correspondance – timing – citron pressé – temps perdu – ça rue dans les brancards – obligé – râpé – serré – louper l’dûr – un métro d’retard – cherche de midi à quatorze heures – vis de l’air du temps – en moins de temps qu’il ne faut pour le dire – par les temps qui courent – métro boulot dodo – retard à l’allumage – y’a presse – à toute vapeur – change de braquet – à la bourre – à la queue – à la traîne – en arrière – y’a urgence...